Linux doit-il passer par la fenêtre ?

dimanche 27 avril 2008
par  zarer (Christophe Gallaire)
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Depuis quelques temps, les articles abondent (de bon ton ou de mauvais aloi) qui nous chantent à qui mieux mieux ce que devrait être Linux pour être bon, beau et meilleur.

Nos petits écrivaillons s’étalent en longues et lentes considérations esthétiques qui n’osent pas s’affirmer comme telles — on préfère les ranger sous le terme ergonomie ! c’est chic ! ça fait plus sérieux ! c’est conceptuel ! c’est le signe d’une certaine modernerie ! — considérations ergonomiques donc qui, bien souvent, n’ont d’élan que la déploration : What a pity ! Quel dommage de pas trouver telle ou telle fonctionnalité sous tel bouton à droite ou dans le menu "Fichier" !

Et puis, très rapidement, le débat s’engage entre les pros de ci, les pros de ça et les discussions s’enveniment : The Gimp ceci, OpenOffice cela, ... Dans le fond, à bien y regarder, hormis quelques arguments très techniques, ce que la plupart reproche à Linux, c’est de ne pas être un autre système, de ne pas être comme le système qu’ils viennent de quitter, de ne pas y trouver les applications qu’ils volent sans vergogne (et dont ils n’ont, le plus souvent, pas même besoin), de ne pas avoir la même apparence (l’ergonomie n’est certainement pas le fait de couleurs ou de fenêtres molles... la ligne de commandes peut être ergonomique !), de ne pas retrouver dans les menus les mêmes fonctionnalités sous les mêmes dénominations, d’avoir des boutons à droite plutôt qu’à gauche, ...

Trop rares sont ceux qui considèrent Linux pour ce qu’il est : un système Libre, GNU/Linux ! À ceux-là, je conseille, parce que je doute grandement qu’ils l’aient déjà eue, la lecture de l’article de Richard Stallman Pourquoi GNU/Linux ?

Ceux qui réclament une meilleure ergonomie, une plus grande commodité ou un maximum de puissance et justifient l’ajout de logiciels non libres sous Linux au nom d’une plus grande popularité de Linux, ceux-là placent la popularité au-dessus de la liberté ; ils sont prêts à céder aux marchands cet admirable projet communautaire, ce trésor de la connaissance pour leur seul petit confort ; ils sont prêts à sacrifier notre liberté sur l’autel de leurs exigences (leurs commodités), voire à nous la faire payer !

Ceux-là nous opposent, à l’idéalisme du projet GNU, leur bon gros sens pratique qui, si nous n’y veillons pas, enfermera le système GNU/Linux dans des pièges de la même nature que ceux qu’il a déjà connus ou connaît encore (JAVA, Flash, ...). Et cela, au nom de la popularité, pour avoir un plus grand nombre d’utilisateurs ?

Linux a-t-il besoin, pour devenir meilleur, de passer par la "fenêtre" ? Je veux dire : Linux doit-il devenir ce que d’autres OS sont déjà ?

Le seul et simple désir de puissance ou d’ergonomie et la popularité doivent-ils nous faire oublier les fondements de la Liberté Logicielle : la liberté des échanges et des connaissances ?

À ceux qui ne comprennent pas cet aspect fondamental du projet GNU, je conseille vivement la lecture de l’essai d’Eric S. Raymond, La Cathédrale et le Bazar. Nul besoin d’être développeur pour le lire. Ceux-là comprendront peut-être alors que chacun, à son niveau, peut participer au projet GNU.

Nous devons opposer à ce prétendu bon sens pratique une détermination sans faille : notre liberté et notre communauté sont à protéger ; nous devons les préserver des simples consommateurs et des organisations de tous poils qui vendent du Linux en veux-tu en voilà !

Combien de billets, à la saveur des plus narcissiques, sont passés sur le Planet-Libre pour vanter de petits articles parus dans d’admirables magazines sur Linux, truffés de publicités en tous genres (logiciels propriétaires et payants, compagnies qui empaquettent ou supportent du Linux) !

Aux trois francs six sous que nous proposent les marchands pour voir paraître de petits articles noyés au milieu des publicités, face aux arguments populistes de ceux qui veulent du Linux sur toutes les machines à n’importe quel prix, nous devons opposer notre liberté, notre détermination et notre soutien au projet GNU.

Les fondements philosophiques de ce projet concernent tous les utilisateurs de Linux. Qu’ils soient ou non d’accord avec cette philosophie. Plus encore ceux-mêmes qui n’en ont pas conscience ou la refusent.

Cette philosophie, l’idéalisme du projet GNU, comme se plaît à le rappeler Richard Stallman, est on ne peut plus pratique : c’est ce sens pratique qui a donné naissance au système d’exploitation GNU/Linux que nous aimons et utilisons tous les jours.

Nous devons défendre GNU/Linux au risque, sinon, de voir tôt ou tard Linux passer par la "fenêtre" !


Edit : Quelques heures après avoir écrit cet article, en lisant les nombreuses réactions qu’il a suscitées, je mesure plus encore l’urgence qu’il y a à expliquer les fondements et les « enjeux » du Logiciel Libre tout autant que d’en montrer la fragilité au "grand public". Un exemple de cette fragilité ? Voyez le râlage de Pascal :

Le succès de Firefox est considéré par la communauté du libre comme un acquis, un droit même. Tout le monde pense que parce que Firefox est un succès, il y a des contributeurs à tire-larigot, les logiciels ? les sites web ? la doc ? génération spontanée... Vous savez quoi ? C’est une belle connerie, en ce moment tous les projets Mozilla en français pour des millions d’utilisateurs, c’est essentiellement Cédric, Benoît, Frédéric, Philippe, moi quand j’ai un peu de temps et des volontaires de Babelzilla pour les extensions. La triste réalité c’est que les volontaires sont rares, on ne voit se présenter pas plus d’un ou deux volontaires par an, en général après une semaine, quand ils se rendent compte que faire de la traduction, participer au projet et aux assoces, c’est du boulot et du temps... ils disparaissent.

Commentaires  forum ferme

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samedi 3 mai 2008 à 15h21 - par  314r

Bonjour

Je partage à des degrés divers les opinions exprimés par les sus-cités "libert-à-rien" opportunistes, du coup je me sens un peu visé par cette diatribe qui accumule les qualificatifs injurieux.

Je ne suis personnellement pas hostile à la présence de quelques logiciels propriétaires si par ailleurs ça permet de faire avancer un gros bloc de logiciels libres.
Vous pensez sérieusement que le projet GNU se porterait mieux si on excluait des distributions les codecs propriétaires ou Flash ?

Je ne suis pas opposé à un débat sur le sujet, je comprend que certains préfèrent rester à du "tout-libre".
Là où je ne suis plus du tout d’accord c’est quand certains se permettent de décider qui sont les "bons libristes" et qui sont les "mauvais libristes" ; de porter un jugement de valeur sur l’action des uns et des autres ; de décider de ce que l’on a le droit de critiquer ou pas. Le tout porté par un discours violent et/ou méprisant.

A+

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samedi 3 mai 2008 à 15h03 - par  Adrien

@dzef : La manière dont tu dis les choses est un petit peu rentre dedans te diront certains. Malheureusement, et c’est la nature humaine qui est faite ainsi, pour se faire entendre il ne faut pas parler, il faut crier.
Bien souvent les gens ne te prennent pas au sérieux tant que tu n’es pas agressif, la manière "polie" fonctionne rarement. Et c’est ce qui fait que pour faire passer un message simple et juste on est tellement obligé d’employer la manière forte. Et dans ce cas on se fait traité de réactionnaires. Comment faire alors, pour se faire écouter sans que les gens nous mettent dans la catégorie des militants sur-éxités ?
Tout ça pour dire que j’abonde dans ton sens, et dans la démarche de zarer.

Et à ceux qui, dans ce débat, y vont de leurs petits commentaires aussi inutiles que futiles, je leurs dis : quand on a l’attitude du j’m’en-foutiste, vaut mieux ne pas s’exprimer sur les sujets qui font débat, ça pollue la discussion.

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samedi 3 mai 2008 à 12h43 - par  dzef

Salut, zarer et longue vie à toi et à tes articles !
- @ ricky, theClimber.be, Ni et autres petits "libert-à-rien" opportunistes...

- Ben elle est belle votre conception de la liberté les gars ! Une commodité, guère plus, hein ? Tout ce qui vous importe c’est d’avoir le droit à votre petit confort, c’est ça ? Cet ersatz de liberté un peu comme une prestation qui vous est due en retour du lourd tribu que vous payez chaque jour au bureau, bien installés au fond de votre fauteuil assaillis par des hordes de linuxiens hirsutes et prosélytes... Je sais qu’il est de bon ton, aujourd’hui, de ne pas avoir d’avis tranché, que la modération est la clé de la tranquillité et que la consensualité est le secret de la longévité. Je sais aussi qu’il est plus confortable de se vautrer dans le nihilisme et le cynisme que d’être tenté de se poser certaines questions. Il est alors beaucoup plus confortable de se réfugier derrière je ne sais quel pragmatisme de bon aloi ; ça évite de tenter de donner du sens aux choses tant il est infiniment plus simple de défendre l’open source que les logiciels libres.
- Mais relevez de temps en temps le nez de votre clavier, et considérez un peu le monde qui vous entoure. Que resterait-il de votre ridicule bien être si de dangereux "moines-soldats" comme R. Stallman, puisque c’est d’informatique dont il est question ici, n’avaient pas eut ces idées si extrémistes, si "militantes", si désuètes en somme. Que seraient les logiciels libres sans la GPL et quelle philosophie en irrigue chacun des articles ? J’ai bien peur que ce soit tout le contraire de votre "tout est dans tout et inversement" et de ses avenants étriqués. Je crains même que l’essence de la GPL soit justement la prise de conscience que la défense de la liberté est un combat de chaque instant, sinon, à quoi bon légiférer ? J’ai l’impression aussi que son implacable exhaustivité est l’illustration patente de l’axiome qui veut que toute simplification de la notion de liberté est en soit liberticide. Ce que vous faites allègrement ! Qu’est ce qui vous autorise à déléguer, à brader, aujourd’hui, la défense de ces libertés si chèrement acquises hier ? J’ai bien peur que ce soit, ironie du sort, justement les acquis conquis par ce doux-dingue de Stallman. Profitez-en ! En d’autres lieux, d’autres temps, votre attitude mollement hédoniste et assimilable au "qui ne dit mot consent" aurait une toute autre portée.
- Alors bien sûr vous êtes incapables de déceler une quelconque cohérence dans les propos de Stallman quand il s’en prend aux médias ou au pouvoir politique de son pays ; tout au plus le trouvez vous pittoresque. Rigolez ! Rigolez encore quand vous voyez le président que vous avez élu ou pour l’élection duquel vous avez une fois de plus pris la liberté de vous abstenir, se dorer la pilule aux frais de la princesse dans une résidence en Pennsylvanie. Rigolez toujours, mais jaune cette fois, en apprenant que cette résidence appartient à un des dirigent de M$. Mais alors, ne venez pas nous jouer le couplet de l’indignation sur les dizaines de millions d’€ que soustrait M$ à l’économie française chaque année. Soyez au moins cohérents avec vous mêmes !
- Non, au contraire vous restez la tête dans le sable dans cette position de l’autruche si propice à donner des idées salaces à plus opportuniste que vous... Bah, au fond, tout est permis tant qu’on ne touche pas à votre ridicule espace de liberté qui se résume en gros à être autorisé à enfourcher votre « mule » pour pouvoir télécharger vos logiciels crackés dans la plus palpitante illégalité. Et c’est dans cette clandestinité convenue qui vous émoustille tant que vous pouvez loger ce qui vous reste de fierté et épater les collègues de bureau.
- Du coup on voit mieux les intérêts qui vous poussent, quand il le faut, à adopter la posture de circonstance du pourfendeur du "tout marchand". Ça fait bien dans le décor ! Mais cette imposture ne fait pas longtemps illusion : il suffit de vous faire miroiter une vague promotion d’opérette, et, au nom du pragmatisme économique, du politiquement raisonnable, vous faire baisser la garde... Et je dis la garde car pour ce qui est de votre culotte, il y a longtemps qu’elle est à vos chevilles ! Car au font le marché, qu’il soit officiel ou parallèle, appelle le marchand : vous accumulez, épargnez, fructifiez même en achetant la gratitude de moins "rebels" que vous. C’est un moyen comme un autre d’acheter sa quiétude, hein ? Mais remplacer le don par l’usure n’est ce pas précisément ce qui différencie le libre du privateur ?
- Si au moins vous aviez le courage de vous poser ces quelques questions simples peut être que vous seriez moins c... complaisant à l’égard de ceux qui dans votre dos attendent tapis le moindre de vos renoncements...

Logo de pyprog
mardi 29 avril 2008 à 13h44 - par  pyprog

Bonjour à tou(te)s,

Bonjour Ricky,

J’avoue moi-même, avec Saelynh et les autres, avoir quelques difficultés à supporter ce discours qui relève à mon sens de l’attitude du mercenaire ou du moine-soldat.

Qu’est ce que tu racontes là ?. Je crois que tu ne vois les choses, dans ce cas précis, qu’en surface.

Linux, J’aurais pu m’y mettre plus tôt, mais j’ai tardé, précisément par souçi de résister aux militants du libre qui sont, longtemps et nombreux, venu m’expliquer jusque dans mon propre bureau qui sont les bons et qui sont les méchants.

Il n’est pas question là de bons et de méchants, mais de liberté.

Linux est un système libre et peut donc être utilisé par n’importe qui évidemment, il véhicule (par le fait) une une idée (forte !) du sens du partage (c’est une vraie philosopie). Cette idée de liberté n’est pas là comme un discours ronflant ... gonflant (au plus haut point comme tu sembles le souligner) ... mais elle est là car elle est vraiment utile aussi pour l’utilisateur lambda (qui dans un premier temps en a peut-être rien à foutre, mais qui peut après coup changer d’avis en regardant en profondeur, en essayant de comprendre les tenants et les aboutissants d’une telle chose).

Ce qui est vraiment ennervant dans cette histoire c’est cette attitude de consommateur blasé, "moi j’en ai rien à glander, ça me plait tout de suite je garde, ça me plait pas je jette ... non non moi au premier regard je vois très nettement les choses" ... mais il faut un tant soit peu se donner le temps pour aller un peu plus en profondeur.

Je ne suis absolument pas un intégriste du libre (si tu veux utiliser des logs proprios et éventuellement passer à la caisse par la même occasion, libre à toi de le faire) mais ton discours m’ennerve !.

Je n’aime pas plus Linux que les Chtis,

C’est n’importe quoi !, c’est quoi ce discours ?.

les blancs ou les noirs, et je ne vois pas pourquoi j’aurais à l’aimer. Certes, j’exècre les principes marchands

... les principes marchands de certaines sociétés qui n’ont pas plus de principes que d’amour propre, passons ... .

et j’adhère à la plupart des valeurs défendues par le libre,

J’en suis content pour toi, mais on ne le dirait pas d’après ton discours.

mais si j’ai adopté Linux c’est d’abord parce qu’il répond à mes attentes, pas par esprit militant ou pour participer à je ne sais quelle croisade.

Il ne s’agit pas d’une croisade, mais il y a simplement des gens qui pensent que la liberté doit primer sur (par exemple) des lobbys qui tendent à essayer d’annexer/marchander "la connaissance" dans ce qu’elle a de plus noble.

Quant à savoir si Linux doit passer par la fenêtre : mais bien sûr que oui ! Il y est déjà passé d’ailleurs, et c’est bien parce qu’il a franchit ce rubicon qu’il progresse...

Mouais, là c’est ton interprétation personnelle.

Personnellement, je n’ai jamais rien trouvé de sexy à la ligne de commande, et je préfère modifier mes fichiers de configuration avec gedit qu’avec vi. Bien à vous. Richard

Là libre à toi de ne pas aimer la ligne de commande, mais la ligne de commande peut bien souvent dépanner à ne pas tout réinstaller quand tout est planté.

http://ekd.nerim.net

Logo de khalid (http://gnubuntu.free.fr)
lundi 28 avril 2008 à 10h46 - par  khalid (http://gnubuntu.free.fr)

N’ayant rien à redire sur ton article, je me demande si certaines distribution GNU/Linux de nos jours ne sont pas aussi dans la course vers "la fenêtre"..Faire les distributions qui fonctionnent parfaitement et qui sopportent tout le matos c’est aussi bien, reste à savoir à quelle prix ?!
Manrdiva, Novel et Ubuntu sont toutes des distirubtions qui intègre à divers degré certe, des logiciels propio dans le but de mieux supportés tel ou tel composant..
Question "gadget" il n’y a qu’à voir la version 7.10 d’Ubuntu (que j’utilise tout les jours) qui intègre Compiz dans son liveCD ce qui réduit le cercle des utilisateurs aux seuls pocesseurs de machine récente et puissante !
Bref, les logiciels libres sont fondés sur 4 principes..il ne faut surtout pas oublier qu’il s’agit de "principe".

Logo de jp.fox
dimanche 27 avril 2008 à 22h54 - par  jp.fox

@theClimber.be : tu es tout à fait libre de faire développer un logiciel spécifique propriétaire mais qu’est-ce qui t’empêche de le faire faire sous licence libre ? La plupart des logiciels libres professionnels (les logiciels de gestion d’entreprise notament) ont pu aboutir de cette manière. Chacun développe (ou finance le développement) d’une partie manquante ou plus spécifique et le met à disposition des autres. C’est le principe même de la communauté du libre. Le gros avantage du logiciel libre c’est qu’il n’est payé qu’une fois (voire pas du tout grâce aux bénévoles). On ne peut pas oublier ce principe.

Bien que tu ais le droit de faire faire ce logiciel sous licence propriétaire, si tout le monde agissait comme tu le propose, Linux et les logiciels libres n’existeraient tout simplement pas.

Je suis assez d’accord avec zarer, les utilisateurs de logiciels libres ne savent pas toujours le pourquoi de cette gratuité. Ils pensent même parfois que tout leur est dû. N’oublions pas que logiciels libres ne correspond pas à absence de licence. De même que l’on n’est pas obligé d’accepter une licence propriétaire, on peut aussi refuser la licence GNU... dans les deux cas, on s’abstient d’utiliser le logiciel.

Certes, chacun est libre de s’exprimer à ce sujet, de critiquer les lacunes de certains logiciels, les incompatibilités d’un autre ou le manque d’ergonomie d’un troisième. Mais il me parait aussi normal que ceux qui sont plus voués à la cause des logiciels libres réexpliquent les enjeux qui vont avec (ce qu’a essayé de faire Zarer... un peu violement peut-être ;-) )

Lorsque tu écris "tiens, je ne vois pas d’inconvénients à laisser d’autres personnes se servir de mon code", cela ne correpond pas forcément à toutes les licences libres. BSD est en effet dans ce cas. Mais GNU/GPL non ! tu n’as pas le droit de reprendre un logiciel sous licence GNU/GPL et de le modifier sans diffuser le source de ces modifications à ton tour. Et c’est bien cette logique qui a permis l’évolution de ces logiciels. C’est un principe simple mais efficace.

Qu’on le veuille ou non, l’utilisation de logiciels libres impose l’adhésion à cette philosophie.

Logo de zarer (Christophe Gallaire)
dimanche 27 avril 2008 à 21h58 - par  zarer (Christophe Gallaire)

Re theClimber.be,

Veux-tu ou non que je te réponde ? Je peux le faire mais si tu vas voir ailleurs, j’en ferai l’économie.

Je vais faire court donc, par analogie : c’est comme si on nous imposait une pièce (qui peut devenir essentielle) dans le moteur d’une voiture sans personne n’ait le droit, sinon son concepteur, de la réparer, de la contrôler, etc.

Pour un logiciel, le problème se pose de cette manière : avoir un propriétaire modifie sa nature et ce que nous pouvons en faire, à savoir le réparer, le modifier, l’adapter ou l’améliorer et pas seulement le faire marcher.

Le constructeur automobile, tout comme le concepteur de logiciels propriétaires, nous livre comme une boîte noire : personne ne peut l’étudier ni la modifier au besoin. Encore moins contrôler ce que le logiciel fait exactement. On nous supprime cette liberté, entre autres.

Il y a pire : il m’est arrivé de produire avec un logiciel un document texte assez conséquent (près de 400 pages), il y a pas mal d’années, qu’il m’est aujourd’hui impossible de lire sans acheter le système de l’époque et le logiciel qui ont servi à le générer. Impossible. Autrement dit : mes données sont captives de cet OS et de ce foutu logiciel. La compatibilité ascendante n’a pas été assurée sur toutes les versions. Même en payant une taxe, en elle-même déjà inacceptable, je ne retrouverai pas mes données personnelles !

(Psitttt ! Où sont mes fautes ? J’ai bien oublié un petit "te" dans "As-tu l’intention de te mettre...")

Logo de theClimber.be
dimanche 27 avril 2008 à 20h57 - par  theClimber.be

Très sincèrement Zarer je ne vois pas où tu veux en venir...

Pour moi l’OpenSource ... car ici on ne parle plus que d’OS, mais de libre en général, c’est issu de gens qui se sont dit "tiens, je ne vois pas d’inconvénients à laisser d’autres personnes se servir de mon code". Et c’est comme ça que tout à commencé.

Alors pour revenir à ce que tu tentes d’exprimer dans ton article, ce que tu veux c’est que Linux se ferme aux logiciels propriétaires ? Corrige moi si j’ai mal compris. Mais je ne vois pas en quoi il y a un problème à payer une entreprise pour faire un logiciel et l’utiliser ? Supposons que j’ai besoin d’un logiciel pour controler un bras articulé qui met du beure sur mes tartines et que je ne sais pas le programmer moi-même. Je demande à une entreprise de me faire un logiciel qui tourne sous linux et je paye cette société pour faire ce travail (normal, je paye un service). La société n’est pas obligée de libérer son code à cause du fait que j’utilise linux, ça dépendra du contrat. Mais où est alors le problème d’utiliser un logiciel propriétaire sur mon ordi pour tartiner mes tartines le matin ? J’avoue que l’exemple est un peu bête, mais pour moi la philosophie du Libre (comme tu le dis) n’empêche en rien l’utilisation de logiciels proprio. Est-ce qu’en faisant ça je met en danger la philosophie du libre ???? Si oui, explique-moi comment ?

Perso quand j’ai besoin d’une fonctionnalité, jusqu’à présent je l’ai codé moi-même ... mais ça c’est parce que je suis développeur. Mais je ne vais pas faire de reproche à ceux qui ne savent pas coder. Ni à ceux qui se plaignent de Linux en disant "c’est de la merde" ... c’est vrai que c’est du travail bénévole et que les gens "sont bien gentils" d’avoir crée ce que Linux est aujourd’hui. Mais il y aura toujours des gens pour critiquer, il ne faut pas se voiler la face. Moi je préfère qu’on critique mes logiciels, comme ça je peux les améliorer pour qu’ils plaisent à plus de monde.

Bref, bonjour le troll ... moi je vais voir ailleurs

Logo de zarer (Christophe Gallaire)
dimanche 27 avril 2008 à 20h38 - par  zarer (Christophe Gallaire)

Bonjour Richard,

C’est un peu facile de tout mettre dans le même sac. Trop facile de tout ficeler et de tout balancer sous prétexte que tout revient au même (les Ch’tis, ...), sans prendre le temps du discernement. Tourniquet rhétorique. Position du relativisme radical qui aboutit, au bout du bout, à tout accepter ou tout refuser, en bloc, et surtout à ne jamais rien faire, jamais mouiller la chemise.

Que tu sois hermétique à toutes sortes de "militantisme", c’est ton problème. Il y a cependant quotidiennement des gens qui travaillent avec et grâce à ces libertés que les attitudes désinvoltes comme la tienne menacent. Tu t’exposes nécessairement à trouver sur ton chemin ceux que tu mets en danger.

Que tu t’en moques de ces libertés qui ont rendu possible cette aventure, soit. Que tu te plaignes que les autres les défendent, c’est une autre affaire.

Mais fort heureusement, ils résistent pour te proposer des solutions parce que toi tu ne trouves pas sexy ce que d’autres apprécient et utilisent.

Reste que j’aimerais bien savoir comment et pourquoi tu adhères à ces valeurs...

Logo de Ricky
dimanche 27 avril 2008 à 20h11 - par  Ricky

Bonjour à tou(te)s,

J’avoue moi-même, avec Saelynh et les autres, avoir quelques difficultés à supporter ce discours qui relève à mon sens de l’attitude du mercenaire ou du moine-soldat. Linux, J’aurais pu m’y mettre plus tôt, mais j’ai tardé, précisément par souçi de résister aux militants du libre qui sont, longtemps et nombreux, venu m’expliquer jusque dans mon propre bureau qui sont les bons et qui sont les méchants. Je n’aime pas plus Linux que les Chtis, les blancs ou les noirs, et je ne vois pas pourquoi j’aurais à l’aimer. Certes, j’exècre les principes marchands et j’adhère à la plupart des valeurs défendues par le libre, mais si j’ai adopté Linux c’est d’abord parce qu’il répond à mes attentes, pas par esprit militant ou pour participer à je ne sais quelle croisade. Quant à savoir si Linux doit passer par la fenêtre : mais bien sûr que oui ! Il y est déjà passé d’ailleurs, et c’est bien parce qu’il a franchit ce rubicon qu’il progresse... Personnellement, je n’ai jamais rien trouvé de sexy à la ligne de commande, et je préfère modifier mes fichiers de configuration avec gedit qu’avec vi.
Bien à vous.
Richard

Logo de zarer (Christophe Gallaire)
dimanche 27 avril 2008 à 20h09 - par  zarer (Christophe Gallaire)

@ theClimber.be : salut.

Pour l’orthographe, tu veux bien me dire où sont mes fautes ? Je veux bien te croire mais je ne les vois pas.

J’ai note cette erreur dans ma réponse à Saelynh :

Que tu veuilles de mettre à ceci ou cela...

Mais où sont les autres ?

Pour le reste, je ne partage pas ton avis sur la liberté : pour ce qui est de Linux, il ne s’agit pas d’une liberté inconditionnelle, une liberté en générale, c’est une liberté toute relative. Comme l’a écrit Albert Camus, la liberté en général, je ne sais pas ce que c’est... Non. Ici, ce n’est pas non plus le concept des droits de l’Homme. La liberté logicielle est circonscrite par les termes de la licence GNU GPL. Comme quoi, le mot n’est pas la "chose"... un même mot pour des concepts différents. Il faut être attentif à ce genre de glissement sémantique.

Comme le dit Zitrouille, ceux qui découvrent GNU/Linux aujourd’hui sont peu sensibilisés à ces notions, à cette philosophie, cet idéalisme. Il faut agir, lucidement, pour bien faire comprendre à ces nouveaux utilisateurs quelles sont les spécificités de cet OS, en expliquer les "enjeux fondamentaux" : ici, nul besoin de voler. La bibliothèque de logiciels disponibles est incroyablement riche, ouverte et libre. Cette liberté doit être protégée.

Un logiciel manque ? Une fonctionnalité fait défaut ? On peut développer sa solution, la proposer aux autres... On peut aussi prendre "contact" avec le(s) développeur(s) pour demander l’ajout de telle ou telle fonctionnalité. Bien entendu, tout cela ne se fait pas du jour au lendemain. Mais rien ne sert de geindre ou de brailler à tout bout de champ.

Et puis, si l’on n’est pas capable de développer une solution, comme le suggère Ni, on attendra que d’autres le fassent. En avoir rien à foutre peut-il justifier la suppression de ces libertés pour les autres ? Que lambda n’y comprenne rien à l’informatique doit-il nous faire accepter la suppression ou la mise en danger de ces libertés pour ceux qui tous les jours travaillent avec ?

Le fait est que, si tu es sous Linux, tu ne peux pas ignorer ces libertés. Tu peux t’en foutre, à la limite. À la limite, tu peux aussi aller voir ailleurs.

Mais fort heureusement, tu trouveras encore des gens, des utlisateurs, des développeurs pour te rappeler que c’est grâce à ces libertés que tu peux faire tourner ta machine quand tu es sous Linux. Et qu’à ce titre, que tu t’en foutes, c’est ton problème. Mais que tu menaces ces libertés, que tu méprises ou ne respectes pas le travail par lequel ta machine peut tourner, c’est insupportable. Et tu trouveras des gens, suffisamment convaincus par l’importance de ce projet, pour t’empêcher de les mettre en danger.

Tu vois Ni, l’emmerdant avec ce genre de propos, c’est égoïsme qu’il illustre : puisque moi je ne peux pas coder, ne sais pas, ne veux pas savoir, alors que les autres ne puissent pas ou plus difficilement je m’en moque... C’est assez insupportable.

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dimanche 27 avril 2008 à 17h19 - par  theClimber.be

@zarer > fais quand même gaffe quand tu critiques l’orthographe de qqun de bien te relire parce que tu n’écrit pas sans fautes non plus ... mais bon, peu importe c’est pas le débat ici.

Globalement je suis d’accord sur le fond de l’article. Linux est à l’origine d’une communauté et n’est là que parce que certaines personnes ont senti un besoin d’avoir quelque chose. Linux a grandi autour d’un besoin d’une part, et de contributeurs d’autre part qui ont permis palier à ce besoin. Et je suis le premier à contribuer quand j’en ai l’occasion.

Cependant, ma réflexion peut paraître bête... mais Linux prône la liberté. Liberté c’est aussi liberté d’expression. Dès lors, si des gens veulent s’exprimer pour signaler un manque quelconque sous linux, ils sont libre de le faire. S’ils se plaignent d’un manque et qu’ils ne sont pas prêt à attendre ou à se lancer eux-même dans le développement, ils passerons leur chemin et ils iront voir ailleurs ... peu importe. Je crois que ça fait partie du cycle de vie...
* des nouveaux débarquent sur linux
** certains s’adaptent
** d’autres s’énervent et critiquent puis partent

C’est un peu comme la sélection naturelle. Et comme Linux n’a aucune prétention d’être LA solution, on s’en fou pas mal que tout le monde n’utilise pas Linux (perso, moi je l’utilise, je ne l’impose pas aux autres, c’est aussi ça la liberté). Bref, ceux qui aiment linux, tant mieux ... ceux qui n’aiment pas ... tant pis pour eux ...

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dimanche 27 avril 2008 à 17h11 - par  Ni

Et la liberté d’utiliser des logiciels propriétaires ? Et la liberté de se faire du fric grâce aux logiciels libres ? Et la liberté de s’en foutre des libertés associées aux logiciels libres ?

Je suis libre d’aller dans une autre galaxie et pourtant cette liberté j’en ai rien à foutre...
Alors pour le mec lambda qui pige rien à l’informatique qui veut juste un système gratos qui tourne la liberté de voir le code source ou autre il en a un peu rien à faire. Lui c’est juste la liberté de redistribution qui prime et cette liberté est permise par les logiciels proprios gratuits.

Donc bon c’est cool de sensibiliser les gens aux logiciels libres mais faites pas trop de zèle ça sert à rien...

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dimanche 27 avril 2008 à 16h41 - par  Leonux

Ouaip, j’avoue que ça me gonfle un peu aussi ces discours .. :(

On se croirait sur des forums ou des articles dédiés à winbouze ..

Certains nouveaux arrivants oublient trop souvent que l’utilisateur est un contributeur en puissance ..

GNU Linux s’est bâti là dessus et ce serait grave si ça changeait !

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dimanche 27 avril 2008 à 16h20 - par  zarer (Christophe Gallaire)

Bonjour Saelynh,

As-tu l’intention de mettre un jour à l’orthographe ? Ça ne te ferait pas de mal. Pardon.

Que tu veuilles de mettre à ceci ou cela, c’est une bonne chose. Grand bien te fasse ! Mais c’est toi qui arrives à Linux et non l’inverse ! Si tu veux que Linux s’adapte à toi, participe, engage-toi, ne reste pas un simple consommateur qui râle de ne pas avoir ceci ou cela.

As-tu seulement penser à rendre un peu (c’est une question, rien d’autre) ce que Linux et sa communauté te donnent ?

Linux n’est pas un outil, comme la roue ou la pioche. Il est le résultat d’un développement en constante évolution de la part d’une foule généreuse de gens dispersés un peu partout sur la planète.

Cette communauté s’est solidarisée autour de principes qui ont rendu possible et viable cette aventure. Des principes, une philosophie. Et contrairement à ce que tu penses, tout cela est fragile.

Que tu l’ignores, soit. Il est de mon devoir, parce que je crois à cet échange des connaissances et à cette aventure, de te le dire et d’y participer et de les protéger un tant soit peu, avec mes modestes moyens.

Le relativisme absolu... ce n’est pas mon truc ! Je ne suis pas de ceux qui sont près à tout accepter pour être "utiles" ou "bons" aux autres. Tout ne se vaut pas en ce bas monde. Linux n’est pas égal à un autre système.

Humblement tien !

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dimanche 27 avril 2008 à 16h05 - par  Zitrouille

Merci pour cet article d’excellente facture.

Je suis d’accord avec toi : tu décris toute une famille de comportements qui sont, malheureusement, de plus en plus visibles.

En particulier, ceux qui découvrent aujourd’hui GNU semblent de moins en moins sensibilisés à la cause du logiciel libre. J’ai déjà écrit là-dessus, je n’y reviendrai pas.

Ainsi, il est nécessaire d’agir le plus possible pour les libertés du logiciel. Et en expliquer les enjeux fondamentaux au "grand public"...

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dimanche 27 avril 2008 à 16h00 - par  Saelynh

heureux de ne pas avoir entendu ce discours là quand je suis passer sur linux, linux est un outil informatique, libre certes mais qui devrais de par sa libertée admetre les point de vu different ; j’ai parler d’admission par de comprehension.

j’utilise gimp quand j’ai besoin de faire un peu de graphisque, scribus quand je veux faire de la mise en page, j’ai l’intention de me mettre a la 3d avec blender, mais, et notement en mao, linux n’a pas les outils qu’il faut.

je ne pretent pas vouloir absolument porter tout les softs windows sur linux, j’ai déjà du mal a utiliser des soft en qt sur mon gnome, imaginez donc si je devais me servir de picasa .. bref.

n’oubliez pas non plus que question liberté on presente souvent mac comme une alternative a windows. les attaques en vers les macs sont quazi inexistante ... pourtant, comme systeme fermée il est plutot pas mal non ?

j’utilise linux pour ce qu’il est, un outil informatique open source et certainement pas un programe politique. il y a une philosophie derière le logiciel libre pas une bible pour conquerir et convertir le monde avec l’appui de gourous et de precheurs

un peu de modestie ne fait de mal a personne.

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