Linux doit-il passer par la fenêtre ?

dimanche 27 avril 2008
par  zarer (Christophe Gallaire)
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Depuis quelques temps, les articles abondent (de bon ton ou de mauvais aloi) qui nous chantent à qui mieux mieux ce que devrait être Linux pour être bon, beau et meilleur.

Nos petits écrivaillons s’étalent en longues et lentes considérations esthétiques qui n’osent pas s’affirmer comme telles — on préfère les ranger sous le terme ergonomie ! c’est chic ! ça fait plus sérieux ! c’est conceptuel ! c’est le signe d’une certaine modernerie ! — considérations ergonomiques donc qui, bien souvent, n’ont d’élan que la déploration : What a pity ! Quel dommage de pas trouver telle ou telle fonctionnalité sous tel bouton à droite ou dans le menu "Fichier" !

Et puis, très rapidement, le débat s’engage entre les pros de ci, les pros de ça et les discussions s’enveniment : The Gimp ceci, OpenOffice cela, ... Dans le fond, à bien y regarder, hormis quelques arguments très techniques, ce que la plupart reproche à Linux, c’est de ne pas être un autre système, de ne pas être comme le système qu’ils viennent de quitter, de ne pas y trouver les applications qu’ils volent sans vergogne (et dont ils n’ont, le plus souvent, pas même besoin), de ne pas avoir la même apparence (l’ergonomie n’est certainement pas le fait de couleurs ou de fenêtres molles... la ligne de commandes peut être ergonomique !), de ne pas retrouver dans les menus les mêmes fonctionnalités sous les mêmes dénominations, d’avoir des boutons à droite plutôt qu’à gauche, ...

Trop rares sont ceux qui considèrent Linux pour ce qu’il est : un système Libre, GNU/Linux ! À ceux-là, je conseille, parce que je doute grandement qu’ils l’aient déjà eue, la lecture de l’article de Richard Stallman Pourquoi GNU/Linux ?

Ceux qui réclament une meilleure ergonomie, une plus grande commodité ou un maximum de puissance et justifient l’ajout de logiciels non libres sous Linux au nom d’une plus grande popularité de Linux, ceux-là placent la popularité au-dessus de la liberté ; ils sont prêts à céder aux marchands cet admirable projet communautaire, ce trésor de la connaissance pour leur seul petit confort ; ils sont prêts à sacrifier notre liberté sur l’autel de leurs exigences (leurs commodités), voire à nous la faire payer !

Ceux-là nous opposent, à l’idéalisme du projet GNU, leur bon gros sens pratique qui, si nous n’y veillons pas, enfermera le système GNU/Linux dans des pièges de la même nature que ceux qu’il a déjà connus ou connaît encore (JAVA, Flash, ...). Et cela, au nom de la popularité, pour avoir un plus grand nombre d’utilisateurs ?

Linux a-t-il besoin, pour devenir meilleur, de passer par la "fenêtre" ? Je veux dire : Linux doit-il devenir ce que d’autres OS sont déjà ?

Le seul et simple désir de puissance ou d’ergonomie et la popularité doivent-ils nous faire oublier les fondements de la Liberté Logicielle : la liberté des échanges et des connaissances ?

À ceux qui ne comprennent pas cet aspect fondamental du projet GNU, je conseille vivement la lecture de l’essai d’Eric S. Raymond, La Cathédrale et le Bazar. Nul besoin d’être développeur pour le lire. Ceux-là comprendront peut-être alors que chacun, à son niveau, peut participer au projet GNU.

Nous devons opposer à ce prétendu bon sens pratique une détermination sans faille : notre liberté et notre communauté sont à protéger ; nous devons les préserver des simples consommateurs et des organisations de tous poils qui vendent du Linux en veux-tu en voilà !

Combien de billets, à la saveur des plus narcissiques, sont passés sur le Planet-Libre pour vanter de petits articles parus dans d’admirables magazines sur Linux, truffés de publicités en tous genres (logiciels propriétaires et payants, compagnies qui empaquettent ou supportent du Linux) !

Aux trois francs six sous que nous proposent les marchands pour voir paraître de petits articles noyés au milieu des publicités, face aux arguments populistes de ceux qui veulent du Linux sur toutes les machines à n’importe quel prix, nous devons opposer notre liberté, notre détermination et notre soutien au projet GNU.

Les fondements philosophiques de ce projet concernent tous les utilisateurs de Linux. Qu’ils soient ou non d’accord avec cette philosophie. Plus encore ceux-mêmes qui n’en ont pas conscience ou la refusent.

Cette philosophie, l’idéalisme du projet GNU, comme se plaît à le rappeler Richard Stallman, est on ne peut plus pratique : c’est ce sens pratique qui a donné naissance au système d’exploitation GNU/Linux que nous aimons et utilisons tous les jours.

Nous devons défendre GNU/Linux au risque, sinon, de voir tôt ou tard Linux passer par la "fenêtre" !


Edit : Quelques heures après avoir écrit cet article, en lisant les nombreuses réactions qu’il a suscitées, je mesure plus encore l’urgence qu’il y a à expliquer les fondements et les « enjeux » du Logiciel Libre tout autant que d’en montrer la fragilité au "grand public". Un exemple de cette fragilité ? Voyez le râlage de Pascal :

Le succès de Firefox est considéré par la communauté du libre comme un acquis, un droit même. Tout le monde pense que parce que Firefox est un succès, il y a des contributeurs à tire-larigot, les logiciels ? les sites web ? la doc ? génération spontanée... Vous savez quoi ? C’est une belle connerie, en ce moment tous les projets Mozilla en français pour des millions d’utilisateurs, c’est essentiellement Cédric, Benoît, Frédéric, Philippe, moi quand j’ai un peu de temps et des volontaires de Babelzilla pour les extensions. La triste réalité c’est que les volontaires sont rares, on ne voit se présenter pas plus d’un ou deux volontaires par an, en général après une semaine, quand ils se rendent compte que faire de la traduction, participer au projet et aux assoces, c’est du boulot et du temps... ils disparaissent.

Commentaires  forum ferme

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mardi 16 décembre 2008 à 18h09 - par  Debianator

Souvent les nouveaux immigrés sur la banquise vont dans la cuisine et se servent une bière sans même demander...
Gnu/Linux est aujourd’hui ce qu’il est au travers de deux axes majeurs :
linux (le noyau) qui peut un jour être remplacé par un autre (Hurd ?) et les outils gnu qui sont tout le reste autour.
C’est la licence GPL qui a permis de vous servir une bière dans le frigo.

La démarche philosophique sur la liberté pré-occupe peu le "jeune ubuntiste", mais les gardiens du temple, les sages sont là pour veiller à ce que les jeunes linuxiens ne soit pas pervertis par le système business qui a fait la fortune de Bill GATES et d’autres.

Ton article a le mérite de rappeler que Gnu/Linux a des parents et des gens qui ont pensé le futur, un futur de liberté...

Dans quel monde voulez vous vivre demain ?

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samedi 29 novembre 2008 à 17h42 - par  zarer (Christophe Gallaire)

Merci sellema et merci à toi noviceibex !

J’aimerais juste reprendre une petite chose, noviceibex :

Je suis cependant déçu de voir les dialogues acharnés présents sur cette page, si nous sommes A LA FAUTE D’ORTOGRAPHE prêt.

Ne te méprends pas... nous ne sommes pas plus tatillons que ça en orthographe. Et d’ailleurs, tu peux parcourir le site dans tous les sens, tu verras que c’est la seule remarque sur cette question parce que, habituellement, nos visiteurs font l’effort d’écrire "clairement" et font attention aux fautes de grammaire et d’orthographe. Pourquoi ? Tout bonnement parce que tous veulent être compris et lus avec la même attention.

Je ne pense pas être trop rigide non plus. Je me permets simplement d’insister la qualité de l’expression : orthographier correctement, avec une ponctuation bien employée, en discriminant MAJUSCULES et minuscules... c’est maximaliser ses chances d’être lu et pris au sérieux.

On peut comprendre sans peine les fautes de grammaire ou d’orthographe dans une langue qui n’est pas la sienne. Celles-là sont parfaitement excusables. Et nul n’en sera blâmé. On comprend tout autant les fautes commises pas inadvertance, les fautes de frappe et autres coquilles. Mais ne faire aucun effort, dans une langue courante, c’est plus difficile à accepter. Voilà tout.

Un exemple ?

les attaques en vers les macs sont quazi inexistante ... pourtant, comme systeme fermée il est plutot pas mal non ?

Six fautes en deux propositions. Trois sont soulignées avec la correction orthographique sous Firefox...

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vendredi 28 novembre 2008 à 12h03 - par  noviceibex

Merci pour ce merveilleux discours Sellema, je suis tout à fait d’accord avec ton discours et heureux que des gens entretiennent le mythe et défende la liberté, car même si des gens ne s’en rende plus compte, Linux c’est la liberté.

Je suis cependant déçu de voir les dialogues acharnés présents sur cette page, si nous sommes A LA FAUTE D’ORTOGRAPHE prêt.......

Je suis un "ultranovice" de Ubuntu (depuis 1 semaine :) ) et j’ai deja réussi à "sentir" l’élan créé par les logiciels libres et l’intelligence qui en émane :

- Ne pas payer
- Participer aux forums, développer et créer des logiciels
- Etre forcé à réfléchir au "pourquoi du comment" avant d’installer et utiliser un logiciel
- etc.....

Tout ceci nous pousse à la liberté, ne plus être simple consommateur, ne plus etre reconnu pour le nombre de billets que l’on possède mais pour une certaine intelligence et l’envie de porter contribution.

Voila j’arrete la, juste en concluant que l’idéal Linux (si je l’ai bien cerné) est mon idéal.

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lundi 17 novembre 2008 à 16h23 - par  sellema

Bonjour à toutes et tous,

Ubuntiste de fraîche date (il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis), je suis heureux de lire sur ce site toutes ces remarques, commentaires, conseils, notes et informations diverses.

Les mondes CPM et MS-Dos/Windows que j’ai fréquenté depuis plus de 30 ans n’ont pas et n’ont jamais été aussi généreux à tous les points de vue que la communauté Linux.

Ce site a entre autres qualités celle de permettre à tout un chacun de s’exprimer, de livrer à la communauté ses opinions, qu’elles soient partisanes ou non aussi bien que fondées ou non.

N’oubliez pas chers amis que quel que soit le domaine concerné, rien n’a moins de valeur que ce qui est gratuit.

Une sorte de fierté (injustifiée pourtant) naît lors de l’acquisition d’un produit, d’un objet ou de toute autre chose, qui se justifie par le prix que l’on a du payer pour l’acquérir. Le phénomène ne se produit pas devant la gratuité. C’est paradoxal mais vrai !

Observez tout et tout le monde autour de vous et vous constaterez que cela se vérifie, quel que soit le domaine concerné.

Pour autant, il ne faut rien changer au fonctionnement actuel de la communauté Linux, qui est le plus bel exemple de générosité qui soit.

Merci, immensément merci à toutes celles et ceux qui développent, créent, écrivent, contribuent à l’évolution de ce gigantestque et formidable monde qu’est devenu Linux.

VIVE LE LOGICIEL LIBRE ET LONGUE VIE A TOUS CEUX QUI LE PRATIQUENT ET LE FONT EVOLUER !!!
sellema

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samedi 28 juin 2008 à 18h56 - par  Cubytus

Sont amusants ces libristes qui se gargarisent de "liberté" tout en louant une adresse courriel chez Gmail, un quasi monopole américain dont on ne sait strictement rien des intentions ni de ce qu’ils font avec nos données !

D’un côté, on a les "missionnaires libristes" qui viennent parler du libre aux "païens", mais d’un autre côté, veulent qu’on accepte le libre avec tous ses irritants, trolls, snobisme et regard hautain inclus. Il faudrait qu’ils gardent en tête que le "païen" ne veut pas nécessairement devenir missionnaire à son tour, ni renoncer à sa productivité / réseaux de contacts, il ne deviendra pas ermite !

Même en lui disant qu’il n’en tient qu’à lui de contribuer, que c’est ça la liberté (en quoi ils n’ont pas tort, sur le fond), ces bons missionnaires oublient que l’utilisateur moyen, ou ceux à qui ils parlent n’ont, la plupart du temps, aucune expérience de programmation : même avec de la bonne volonté, qui sont assez motivés pour apprendre un langage et le maîtriser suffisamment pour toucher un code source ?

Évidemment, il reste la documentation à faire dans beaucoup de projets libres, ainsi que des interfaces conviviales : il est temps de s’en rendre compte, retenir des flags à rallonge pour chaque programme utile en ligne de commande devient vite très lourd, sans compter qu’on les oublie sitôt que le programme ne sert plus.

Même avec de la bonne volonté, le "païen" ne bougera pas de sa zone de confort s’il ne peut pas trouver de l’aide au moment opportun, qui ne se résume pas simplement à lire un "RTFM" déplaisant. Avec le peu de temps dont nous disposons, peu ont le loisir de s’attaquer à 20 pages de manuel, de les digérer et ensuite de commencer à utiliser le programme qui les intéresse. Il y a 20 ans, ça n’aurait étonné personne, mais on est dans une culture de l’instantané : Microsoft commence à le comprendre avec sa nouvelle interface "ribbon" dans Office, Mac OS X l’a compris depuis longtemps, Mozilla, idem ; ce qui sert le plus doit nécessiter le moins possible de documentation. C’est là que l’ergonomie entre en jeu : différent n’est pas forcément mauvais.

De l’autre les partisans du "industry standard", i.e. le piratage massif de logiciels sous prétextes qu’ils font partie de cette catégorie. On sait que les entreprises et grosses organisations sont notoirement paresseuses lorsqu’il s’agit de changer leurs façons de faire. Ce n’est pas une raison pour être un "suiveur".

Le libre ne séduira pas tant qu’il sera enfermé dans des dogmes, et l’usager ne bougera pas s’il y est aussi. Comme on ne peut imposer un choix, il faut laisser faire les forces du marché, sortir un produit d’une qualité qui surpasse celle de produits concurrents et fermés. Firefox s’est imposé comme ça en Europe (plus de la moitié des navigateurs !), non parce qu’il est libre, mais parce qu’il est mieux, de la même manière que les MacBook s’imposent parmi les marques de portables en Amérique du Nord, pas parce qu’ils sont moins chers, mais parce qu’ils fonctionnent mieux. OpenOffice m’a séduit en 2002 non parce qu’il était libre, mais parce qu’il était mieux que Microsoft Office.

Enfin, si l’on veut avoir des standards libres pour tous, il faut militer auprès des organisations internationales, et faire en sorte que ces organisations aient de réels pouvoirs punitifs : rien dans l’Histoire ne s’est réglé par des incitatifs ; Microsoft n’a pas enlevé Windows Media Player de certains ordinateurs en Europe parce que "ce n’était pas correct", mais par décision judicaire et forte amende : il faut frapper là où ça fait mal.

Par exemple, Google pourrait, un jour (rêvons toujours !), refuser d’indexer les sites qui ne respectent pas les standards du Web, donc qui utilisent le Flash, notamment. Bien sûr ils ne le feront pas, car YouTube est tout en Flash, mais c’est pour l’exemple.

Un jour un prof a refusé un de mes courriels dont une pièce jointe était au format ODT. Je lui ait fait valoir que ce format était standardisé sous une dénomination, qu’il était lisible sur TOUTES les plate-formes, accompagné des moyens de l’ouvrir dans MS Office 2003 ainsi que Mac OS X. Il n’a rien voulu savoir, arguant qu’il "n’avait pas le temps que d’installer de nouveaux logiciels pour lire le fichier d’un seul étudiant". J’ai fini par lui renvoyer en RTF en sacrifiant la mise en page, accompagné d’un PDF contenant la mise en page correcte.

Régulièrement, je reçois aussi des courriels d’offres d’emploi dont les pièces attachées sont intégralement du Word. Plusieurs fois, j’ai demandé à ce que ces pièces me soient envoyées en PDF, et la responsable de ces envois avait indiqué que "Tous les étudiants du centre de recherche le demandent en format Word", expliquant pourquoi elle le faisait. Je ne lui ai même pas évoqué la possibilité de l’enregistrer en ODT. D’ailleurs, les restrictions font en sorte qu’elle ne pourrait probablement rien installer. De plus, beaucoup de logiciels, Adobe Acrobat le premier, ne proposent que l’enregistrement en RTF, qui flingue la mise en page (normal, le format a plus de 20 ans et n’a pas beaucoup évolué), ou Word, qui est fermé ; que devient-on quand on est le seul usager à demander des formats libres, ou, à tout le moins, officiellement lisibles partout ? On s’obstine et on passe à côté de postes lorsqu’on manque désespérément de sous, ou on reste dans sa tour d’ivoire en attendant que les courriels arrivent en format universel ?

Entre rester "pur" et dormir dans le métro et gagner ma croûte et rester "pur" chez moi, j’ai choisi mon camps.

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samedi 24 mai 2008 à 18h41 - par  zenef

comme le dit Stallman : "le logiciel libre peut se résumer en 3 mots : liberté, égalité, fraternité".
Et, on le sait, cette devise a toujours eu des détracteurs et des ennemis, et ceux qui disent "n’en avoir rien à foutre".
Et il semblerait qu’ils aient le vent en poupe en ce moment !
Merci pour l’article et pour les brillantes contributions des fous de liberté.

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mardi 6 mai 2008 à 22h02 - par  dzef

Salut sagilyon,
- Content que ce débat ait aiguisé ta curiosité...
- Si tu veux approfondir, il y a ça qui vient de "sortir" et qui est encore tout chaud.
- @++

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dimanche 4 mai 2008 à 22h36 - par  sagilyon

Bonjour.
Très intéressant parce que très instructif .J ai lu et relu.Beaucoup de chose me passent très loin au dessus de la tête.
Mais au moins j apprends ,un peu, à voir l envers du décor de quelque chose qui m echappait complètement.
Et j ’espere que tous ceux qui usent de votre site (merci ),néophytes comme moi ,puissent se faire une opinion.En tout cas vous nous en donner une chance.Il me semble que c est un combat ;un vrai ,et qu il en vaut la peine.

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dimanche 4 mai 2008 à 13h55 - par  zarer (Christophe Gallaire)

Je ne suis pas certain non plus que seul le discours nous oppose. La stratégie est bien différente : tu fais le pari qu’en œuvrant de manière "pragmatique" (si tant est que cela soit plus pratique que notre position sans laquelle Linux n’existerait pas, rappelons-le tout de même), tu le fais le pari donc qu’en apportant tout le confort aux gentils nouveaux sous Linux par la suite ils comprendront l’importance du Libre et qu’en nombre ils demanderont (ou feront poids) aux gentilles entreprises (comme Adobe ?) d’ouvrir un jour leur code et que bien entendu elles le feront de bonne grâce ! Et pourquoi feraient-ils/elles cela ? Si les gentils nouveaux trouvent leur compte et que les entreprises encaissent leurs bénéfices...

Je trouve tout de même ahurissant que là-dessus tu n’aies rien à redire, que tu ne voies que du "bien".

Tu ne vois pas, non, que ce que cela oblitère, ces insertions de codes proprios, dans le développement libre ? Que cela empêche le travail des autres ? Que cela taxe de manière odieuse sinon abjecte les échanges et les données personnelles ? M’enfin... Comment faut-il te le dire ?

Comme le dit Dzef, ce n’est pas seulement le discours qui nous oppose : ta "vision du Libre" conduit au mépris de ceux qui tous les jours travaillent au développement de Logiciels Libres. C’est une porte de plus que tu proposes de fermer dans la connaissance et les échanges et tu voudrais que l’on applaudisse ce qui pour toi est le signe d’une ouverture ? allons...

Enfin, l’intégrisme ne s’applique pas seulement au fait religieux. Je vous cite la définition du Petit Robert pour intégrisme : "Doctrine qui tend à maintenir la totalité d’un système."

Comme son nom l’indique, le Petit Robert est "petit".

P. anal. Doctrine qui consiste à adopter une attitude de conservatisme intransigeant dans une religion, un parti, un mouvement.

Le mot qui est à retenir est en gras : tu proposes de transiger. Nous pas. Dzef l’a dit autrement dans son premier commentaire...

Logo de dzef
dimanche 4 mai 2008 à 13h16 - par  dzef

Doctrine qui tend à maintenir la totalité d’un système

Une fois qu’on a dit ça on est bien avancé, hein ? Le problème étant que pour tout concept, il y a le sens et l’usage, l’extension et la compréhension et que tout cela est loin d’être figé... Une preuve : "intègre" est un mot de la même famille, non ? Et pourtant...

Ce qui nous oppose, c’est le discours

...et la stratégie.

Nous avons je pense un même objectif : la défense des principes du Libre.

Alors positivons et espérons que l’antagonisme des moyens choisis pour atteindre ce but soient complémentaires... Mais rien n’est moins sûr !

je refuse de poursuivre une discussion dans ce climat de condescendance.

De la véhémence tout au plus. Comme le dit Adrien, devant l’urgence, quand on est peu écouté il faut parfois crier pour se faire entendre.
- @++

Logo de 314r
dimanche 4 mai 2008 à 11h57 - par  314r

Mais de là à souhaiter une plus grande diffusion du privatif dans le libre, il y a un gouffre que je te laisse seul franchir.

Je n’ai jamais franchi ce gouffre, tu extrapoles. Je trouve intéressant que des distributions puissent répondre à certains besoins considérés comme élémentaires par les utilisateurs : lire le MP3 par exemple, si ça leur permet de découvrir le Libre. Il n’y a aucun sophisme ici.

Je pense que nous ne tomberons pas d’accord sur ce point. Je n’y vois aucun inconvénient. Le débat est ouvert, à chacun de se faire une opinion.

En revanche je refuse de poursuivre une discussion dans ce climat de condescendance.

Enfin, l’intégrisme ne s’applique pas seulement au fait religieux. Je vous cite la définition du Petit Robert pour intégrisme :

Doctrine qui tend à maintenir la totalité d’un système

Nous avons je pense un même objectif : la défense des principes du Libre.

Ce qui nous oppose, c’est le discours.

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dimanche 4 mai 2008 à 10h55 - par  zarer (Christophe Gallaire)

Nos réponses se sont croisées Dzef !

Je crois comme toi Dzef que l’on n’a pas réellement le choix : il faut choisir son camp !

S’y refuser, concilier, accepter le compromis, c’est le faire.

Même si ceux qui expriment cette position, ce relativisme (le Grand Choix) pseudo libertaire assez niais, il faut bien le dire, n’acceptent pas d’être assimilés à l’une de ses positions.

Bien malgré eux, ce qu’ils prônent les assimilent à un modèle social.

La terminologie qu’ils emploient est approximative, lâche, tout comme leur conception de la liberté, de fait. Une sorte de pseudo mystique orientale : le théorie du Grand Choix qui ne peut, à terme, qu’aboutir au Grand Rien !

Logo de zarer (Christophe Gallaire)
dimanche 4 mai 2008 à 10h39 - par  zarer (Christophe Gallaire)

Pourquoi dis-tu que gNewsense n’est pas en "harmonie" avec la philosophie GNU ?

L’objectif de cette distribution est de s’appuyer sur Ubuntu pour faire une distribution complètement conforme aux principes de la FSF...

Lis donc l’article gNewSense sur Wikipédia et regarde la liste des distributions 100% GNU sur le site GNU.

Ce que tu appelles de l’intégrisme n’est que de l’intégrité : c’est là tout ce que disent Dzef, jp.fox, Zitrouille et les autres. Mais la différence semble t’échapper elle-aussi.

Aucun de nous n’est religieux. Le Libre n’est pas une métaphysique. C’est d’abord et avant tout un projet logiciel qui (se) fonde sur une éthique de la connaissance et des échanges au sein de l’espace social. Ce qui n’est nullement le cas des logiciels proprios qui eux méprisent l’individu et oblitèrent les rapports sociaux.

Tu devrais lire Roberto di Cosmo et/ou le rapport tout récent de Antonio J. Russo, confondant.

Ce projet n’est nullement une promesse d’une vie future, après la mort, bien meilleure. GNU n’est pas une porte pour le paradis, c’est un projet qui fonde des "principes", des règles de licence précises comme beaucoup l’ont rappelé en commentaires... Et comme Adrien, j’ai le sentiment que vous ne les lisez pas réellement.

L’adhésion à ce projet n’est pas une entrée dans un ordre. L’association que vous établissez avec le monde religieux cache plus qu’elle ne montre, abusivement.

Les métaphores que vous employez pour nous qualifier ont pour effet de monter plus ce que vous ne comprenez pas du projet GNU et de cacher notre adhésion à un projet précis (GNU) qui règle des rapports au sein de la société (dans un "nouvel" espace, comme l’a très bien démontré Michel Serres dans une conférence sur le numérique) dans des limites bien circonscrites (ses implications dépassent et de loin son champ d’application, ce que Dzef a très justement rappelé), GNU, un projet sain dans son entier.

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dimanche 4 mai 2008 à 10h23 - par  dzef

Salut 314r,
- Dire que l’on soit quasiment obligé d’utiliser du proprio sous Gnux n’est pas une découverte bien révolutionnaire en soi : ça n’est que constater une situation hégémonique de fait. On ne peut que le déplorer pour toutes les raisons invoquées par zarer. Mais de là à souhaiter une plus grande diffusion du privatif dans le libre, il y a un gouffre que je te laisse seul franchir. On est en plein sophisme là :
- "plus c’est proprio, plus c’est répandu.
- le code ouvert du libre nuit à sa propagation.
- donc plus j’introduis de logiciels propriétaires dans Gnux et plus je participe à la défense de la liberté."
Si tu avais voulu nous prouver qu’un cheval bon marché est cher, te ne t’y serais pas pris autrement !
Je crois qu’à vouloir concilier l’inconciliable on débouche forcément sur ce genre d’abération.
Non, à bien y réfléchir, je ne pense pas que l’heure soit au compromis, à la négociation, à la modération. Regarde les forces en présence :
- d’un coté tu as un modèle économique constitué en véritable machine de guerre, et de l’autre une gentille communauté fondée (même si tout le monde n’en partage pas les idées...) sur quelques principes philosophiques forts. En temps normal je ne miserais pas un centime sur les barbus sympas ! Et pourtant, on peut se demander ce qui fait qu’ils résistent encore, non ? Je pense personnellement, que c’est justement leur conception de la liberté et leur volonté farouche de la défendre qui fait qu’en face, l’armada a peu de prises sur eux (nous ?). Et c’est précisément parceque leur idées reposent non pas sur des principes mais sur ce qui s’apparente à un véritable système philosophique, qu’ils restent vigilents et incorruptibles. C’est la base et la force du web, non ? N’est ce pas ce qui fait que M$ a tant de mal dans ses tentatives de main basse sur la toile ? C’est aussi la raison pour laquelle ton jugement synthétique à priori qui consiste à assimiler les gnuxiens (c’est d’ailleurs, comme par hasard, un point de vue très répandu chez M$...) aux intégristes enturbannés du journal de 20 h est au moins, là encore un sophisme, au pire une ineptie : c’est oublier que l’intégrisme se fonde essentiellement sur l’obscurantisme, c’est à dire l’exact contraire du libre. Parle plutôt de radicalisme, c’est à dire de ce qui s’oppose à la complaisance et à l’idéologie "molle" très en vogue aujourd’hui.
- Une fois qu’on a compris tout ça, tout devient beaucoup plus clair mais j’ai bien peur que l’on ait d’autre alternative que de choisir clairement son camps ; de choisir un modèle éthique, philosophique et social plutôt qu’économique et totalitaire. Moi j’ai choisi. Et toi ?

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dimanche 4 mai 2008 à 07h53 - par  314r

Tu peux tourner sous gNewSense ou n’importe quelle autre distribution considérée comme 100% libre, ce ne sera pas du 100% GNU...
Pourquoi n’utilises tu pas une Debian GNU/Hurd, un projet en total harmonie avec la philosophie de Stallman ?

Le pragmatisme à ses limites... Simplifier pour rendre accessible tout en un clic à l’utilisateur de base néo-lunuxien n’est pas forcément un gage d’amélioration...

Je suis tout à fait d’accord avec toi. Mais dire que le pragmatisme doit avoir des limites ne signifie pas que l’intégrisme ne doit pas en avoir.

A+

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dimanche 4 mai 2008 à 03h13 - par  zarer

Cher 314r,

Quand tu dis :

On est tous obligés de faire des concessions à cet égard : même ceux qui soutiennent à 100% le projet GNU ne tournent pas sous GNU/Hurd...

Ben... on peut aussi tourner sur gNewSense 2.0 version Deltah !

Une distribution 100% libre :

Distribution GNU/Linux qui retire toutes les taches non-libres d’une distribution assez populaire et la rend libre.

Il est d’ailleurs précisé sur le wiki en français :

Notre but est de produire une distribution complètement libre, pas d’avoir autant de fonctionnalités que possible.

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samedi 3 mai 2008 à 21h15 - par  zarer (Christophe Gallaire)

Tiens... Au fait, justement cette nouvelle sur Flash qui crée un buzz pas possible ! Reste qu’il ne s’agit nullement de l’ouverture du format... Ça leurre l’utilisateur mais on ne s’y trompe pas sur la liste de Swfdec !

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samedi 3 mai 2008 à 20h57 - par  zarer (Christophe Gallaire)

Juste pour en avoir le cœur net : "Comment peux-tu penser que la présence des logiciels proprios puisse être un bien pour le Libre et Gnu/Linux ! "

Selon toi, si le proprio est peut-être un bien pour le Libre, c’est parce qu’il augmente le nombre des utilisateurs sous Linux et permet de "peser" pour qu’une firme x ou y ouvre sa technologie ? C’est ça ? Tu ne vois pas la contradiction ?

Si l’on porte tel ou tel logiciel sur une plate-forme comme Linux, pensons à Google qui bosse en ce moment avec Adobe pour porter la suite qui a formaté des cohortes de graphistes... Mais à quoi bon ensuite libérer le code ? Puisque les utilisateurs captifs payeront ou voleront...

On est tous obligés de faire des concessions à cet égard : même ceux qui soutiennent à 100% le projet GNU ne tournent pas sous GNU/Hurd...

Heu... lis ça :

Pour des raisons personnelles, je ne navigue pas sur le Web à partir de mon ordinateur. (J’ai n’ai pas non plus de connexion la plupart du temps.) En regardant (sur) la page, vous remarquerez que j’envoie mes mails avec un démon qui exécute wget et envoie (mails) la page par retour. La plupart du temps, il est très efficace, mais il est très lent en temps réel.

C’est qui ?

Le pragmatisme à ses limites... Simplifier pour rendre accessible tout en un clic à l’utilisateur de base néo-lunuxien n’est pas forcément un gage d’amélioration... Tu le verras avec mon prochaine article (qui n’est pas un "point de vue" mais la réponse à un vrai problème) à paraître dans quels jours.

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samedi 3 mai 2008 à 17h27 - par  314r

Je crois que tu te méprends sur mon propos. Tout ce que je dit, c’est qu’à l’heure de faire plier une firme pour qu’elle ouvre sa technologie, il vaut mieux avoir derrière soit plusieurs millions d’utilisateurs d’ubuntu ou autre, plutôt que 3 extrémistes bornés. A partir de là, ça vaut peut-être la peine de faire quelques concessions au début.
Je n’ai jamais prétendu que le fait que Flash soit fermé soit une bonne chose, ni critiqué les solutions libres. Ne me fait pas dire ce que je n’ai pas dit.

C’est marrant d’ailleurs que tu parles de BSD. Flash constitue le principal obstacle à ma migration définitive. Dans les communautés circule une pétition pour le portage de Flash vers BSD : c’est par pragmatisme, pas par déloyauté envers le monde du libre. On est tous obligés de faire des concessions à cet égard : même ceux qui soutiennent à 100% le projet GNU ne tournent pas sous GNU/Hurd...

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samedi 3 mai 2008 à 15h57 - par  zarer (Christophe Gallaire)

Bonjour 314r,

Que le discours te paraisse ou soit violent, c’est une chose. Mais cette "position de libert-à-rien" est en elle-même sacrément violente ! Tu ne sembles pas, comme beaucoup de ceux qui sont venus commenter cet article, le voir. Cela aussi c’est inquiétant. Ça fait peur même.

Comment peux-tu penser que la présence des logiciels proprios puisse être un bien pour le Libre et Gnu/Linux ! C’est tout bonnement pas croyable ! Les formats proprios sont par définition des formats "fermés" qui empêchent les autres de comprendre comment ça marche, ce qu’ils font, etc. L’exemple que je donne dans un précédent commentaire, tu crois que je l’ai inventé pour parader ? Impossible de récupérer mes données persos qui sont définitivement enfermées. Les exemples de ce type sont nombreux. Ce type de formats (non documentés, fermés) et de logiciels nous privent du développement possible d’une solution logicielle.

Crois-tu réellement que si les solutions libres pour le format Flash sont si cahotantes ce n’est que pour ennuyer les utilisateurs ? Allons... réfléchis deux minutes un peu... Ne crois-tu pas que cela faciliterait grandement le travail de l’équipe qui développe Swfdec si le format Flash était ouvert, documenté et accessible ?

C’est d’autant emmerdant que ce format s’impose tel un standard ! Regarde le nombre de sites qui tournent avec du Flash là où il n’est pas indispensable !

Tu es sous Linux, tu as de la chance ! Connais-tu les soucis rencontrés avec le format Flash sous BSD ? ben si tu n’en as pas idée, tape "BSD Flash" dans ton moteur de recherche préféré !

Tu oublies que la prétendue liberté de choix que vous revendiquez n’est possible que parce que d’autres défendre GNU/Linux et la Liberté logicielle. Sans le projet GNU, vous n’auriez aucun choix !

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